Les intervenants du réseau scolaire ont la chance de suivre une formation unique pour prévenir l’intimidation et la violence dans les écoles depuis 2015. Ce programme appelé « Les grandes rencontres » est offert dans 17 régions du Québec tant aux membres de la direction, aux enseignants ou aux professionnels du milieu.

Il a été mis sur pied grâce à la collaboration du Ministère de l’Éducation, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, de la Fondation Jasmin Roy et le Réseau des donateurs pour la paix (RDP).

La directrice de l’apprentissage socio-émotionnel du Réseau des donateurs pour la paix, Tara Wilkie, et sa collègue Sophie Langri ont grandement contribué à développer le contenu de ces formations essentielles pour développer un climat scolaire sain et positif.

Pendant deux jours, les intervenants reçoivent de la formation sur diverses techniques pour mieux intervenir auprès des élèves. « Nous avons développé un contenu pour faciliter les interventions auprès des jeunes pour leur apprendre à mieux vivre ensemble, pour combler les besoins des élèves susceptibles d’être violents et intimidants, pour aider leurs victimes à mieux s’affirmer et permettre à leurs camarades qui sont témoins de développer davantage d’empathie », explique Mme Wilkie en ajoutant que toutes ces compétences peuvent être acquises dans le cadre de l’apprentissage socio-émotionnel.

Elle note que de plus en plus de recherches révèlent que les compétences sociales et émotionnelles jouent un rôle essentiel dans le fait d’être un bon élève, de devenir un bon citoyen et de se faire une place dans le monde du travail. Ces études révèlent aussi que de nombreux comportements à risque tels que l’usage de drogues, de la violence, de l’intimidation ou du décrochage peuvent être évités ou que les risques peuvent être réduits en misant sur le développement des compétences sociales et affectives des élèves de manière globale et à long terme.

« Les grandes rencontres sont venues palier à un besoin urgent dans nos écoles en donnant des outils aux intervenants du milieu scolaire et surtout aux enseignants tant du primaire que du secondaire qui reconnaissaient leur manque de formation », note Mme Wilkie.

En effet, un mémoire de la Chaire de recherche sur la sécurité et la violence en milieu éducatif de l’Université Laval rapporte que 80 % des enseignants n’avaient pas reçu de formation initiale pour bien intervenir en matière de violence et d’intimidation.

Jusqu’à présent, les intervenants du milieu scolaire ont été formés dans six régions du Québec, et les grandes rencontres se poursuivent jusqu’au printemps 2018. Des agents régionaux ont été formés dans chaque commission scolaire pour offrir les formations nécessaires. « Ce programme est en train de faire ses preuves. Avec des intervenants outillés, je suis convaincue que nous allons voir des changements à long terme dans les écoles pour assurer un climat scolaire positif, bienveillant et sécuritaire », se réjouit Mme Wilkie. « L’école est vraiment un bon endroit pour acquérir des compétences sociales qui permettent de développer des relations interpersonnelles harmonieuses dans une culture de paix et de solidarité. »