Tara Wilkie

Tara Wikie pourrait être intarissable quand elle parle de sa passion : l’apprentissage social-émotionnel (ASE). Docteure en psychologie de l’Université McGill, elle a consacré les vingt-cinq dernières années de sa vie à mieux comprendre les différents processus d’apprentissage tant chez les enfants que chez les adultes.

Ces dernières années, elle a toutefois eu un gros coup de cœur pour l’apprentissage social-émotionnel développé par un groupe mondial de chercheurs et mis principalement à l’avant-scène par le psychologue Daniel Goleman, l’auteur du best-seller l’intelligence émotionnelle et le professeur Mark Greenberg spécialiste du développement humain.

Avec sa collègue Sophie Langri, Tara Wilkie a même créé l’Institut de l’éducation sociale émotionnelle en 2016. « L’apprentissage social-émotionnel a fait ses preuves pour améliorer les relations interpersonnelles et assurer par le fait même la paix et les relations harmonieuses au sein de notre société », indique Mme Wilkie qui s’est jointe au Réseau des donateurs pour la paix dès ses débuts.

Avec une voix douce et posée, elle explique que l’apprentissage socio-émotionnel vise à enseigner des compétences dont nous avons tous besoin pour prendre d’abord conscience de soi, puis de notre relation avec l’autre et par la suite avec le reste de la société. Il permet de mieux prendre des décisions, d’établir des relations plus saines, de résoudre des conflits, de se comporter de façon plus honnête, respectueuse et ainsi, assurer des relations harmonieuses.

« Le problème dans nos sociétés, c’est qu’on pense qu’on est connecté, avec nos téléphones, Facebook ou Instagram, mais ce sont de fausses connexions. On ne sait plus c’est quoi les vraies relations, on a perdu une façon de communiquer et une façon d’être. C’est plus que jamais important d’apprendre à être connecté avec soi pour être capable de le faire avec l’autre », précise Mme Wilkie qui est convaincue que tout le monde devrait suivre une formation sur l’apprentissage socio-émotionnel.

Pour le moment, des cours sont offerts dans quelques écoles du Québec. Elle enseigne elle-même à l’école Bussionnière à Montréal depuis dix ans et donne des ateliers dans d’autres écoles quand le temps lui permet. « Avec l’Institut, nous allons bientôt offrir des sessions en ligne sur l’ASE », s’emballe-t-elle. « La demande de formations est très forte dans les différents établissements scolaires, mais aussi après d’organisations et d’entreprises. Nous sommes aussi de plus en plus sollicitées dans différents pays et l’Inde veut mettre en place un programme dans tout le pays. »

Le Dalaï-Lama l’a même invitée de même que sa collègue Sophie pour présenter leur approche. Les deux femmes sont attendues dans sa résidence privée cet automne. « Nous sommes en train de mieux définir l’ASE et d’apporter une contribution scientifique importante pour pouvoir facilement l’enseigner à grande échelle. Tous ces projets sont très emballants d’autant plus que l’ASE est sans contredit l’une des meilleures méthodes pour assurer le vivre-ensemble », mentionne Mme Wilkie.

Les prochains mois seront donc chargés pour cette passionnée de psychologie et mère de deux enfants qui cherchent malgré tout à concilier travail-famille. « Ce que j’enseigne, il faut avant tout que je le mette en pratique dans ma vie », lance-t-elle en riant.