(English will follow)

MISE EN CONTEXTE

Les données du rapport Signes vitaux réalisé pour la Fondation du Grand Montréal en 2015, démontrent qu’en 2013, le taux de violence familiale pour 100,000 habitants à Montréal était largement supérieur à celui de Toronto et de Vancouver. De plus, il est à noter que sur les 33 régions métropolitaines de recensement (RMR) du Canada, cinq des six RMR du Québec occupaient défavorablement les premiers rangs, dont Montréal en 4e place. Or, ces statistiques sont critiquées alors que certain.e.s expert.e.s estiment qu’il s’agit plus de cas d’agressions dénoncées que d’agressions réelles.

Signes vitaux du Grand Montréal 2015 : Le Grand Montréal en mutation, page 10

Préoccupé par cette problématique sociétale majeure et dans l’urgence d’agir avec tou.te.s les acteur.trice.s concerné.e.s pour contrer ce phénomène de violence, le Réseau des donateurs pour la paix (RDP) (en collaboration avec ses membres, dont la Fondation canadienne des femmes, la Fondation du Grand Montréal et avec l’Observatoire des tout-petits de la Fondation Lucie et André Chagnon) a organisé, le 8 décembre 2016, un forum provincial sur la violence à l’égard des femmes et des filles et son impact sur les enfants.

Les objectifs du forum furent : 

Faciliter la discussion entre les intervenant.e.s du milieu, les chercheur.e.s dans le domaine, et le gouvernement;

Faire un lien entre les pratiques actuelles et la recherche au Québec

Accroître la compréhension des enjeux et des besoins sur la problématique

Améliorer la prévention et la sensibilisation faite auprès du grand public

Soumettre des recommandations pour améliorer la situation

Afin de mettre en dialogue les différent.e.s acteur.trice.s qui agissent dans ce domaine, de développer des synergies entre elles/eux, et de favoriser des lieux de coordination et de collaboration, la formule choisie fut celle du « café découverte ». Réalisé dans les bureaux de Richter LLP (membre du RDP) à Montréal, ce processus a reproduit l’ambiance d’un café dans lequel des intervenant.e.s provenant de secteurs variés (éducation, gouvernement, recherche, travail social, expert.e.s du milieu, et cetera) regroupé.e.s autour d’une table, ont pu débattre entre elles/eux à l’aide de questions précises émises sur le thème du forum. Tenant compte de la complexité du sujet, cette forme originale issue des meilleures pratiques nous a permis d’obtenir des résultats optimaux.

BESOINS

En référence aux résultats obtenus, les participant.e.s ont appelé à redoubler les efforts pour réduire le nombre de cas de violence faite aux femmes et aux filles au Québec et ont rappelé que la situation actuelle ne peut être acceptable et encore moins tolérée. Elles/ils ont également appelé le gouvernement du Québec à ce que la lutte contre la violence faite aux femmes et aux filles devienne une priorité dans notre société.

À l’instar de l’Ontario, elles/ils souhaitent que le premier ministre du Québec, de même que ses ministres, s’engagent davantage à discuter de la question, afin d’adopter une approche plus intégrée pour atteindre et sensibiliser toutes les couches de la société à propos de cette problématique, et ce, en proposant desactions concrètes pour réduire le taux de violence à l’égard des femmes et des filles dans la province québécoise.

Les participant.e.s ont aussi réclamé davantage de financement dans les services de santé, les services sociaux et les centres de crises et d’hébergement en vue de venir plus rapidement en aide aux femmes victimes de violence et de leur assurer des services d’accompagnement à plus long terme. Maintes fois, les participant.e.s ont proposé de créer des postes d’intervenant.e pivot pour décloisonner les différents services et pour faciliter la vie des victimes qui se sentent souvent perdues à travers les différents services offerts. Elles/ils ont aussi réclamé plus d’investissement en prévention et en sensibilisation afin de mener diverses campagnes tant dans les milieux scolaires, les milieux de travail, les communautés culturelles ou encore, directement sur le terrain. Elles/ils ont reconnu que la tâche était colossale, mais que la situation n’était pas sans espoir dans la mesure où les femmes et les hommes doivent y être sensibilisés dès leur plus jeune âge et que la lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles doit être menée à partir de l’école primaire et tout au long du cursus scolaire. De plus, les participant.e.s ont signalé qu’il était aussi très important de créer des évènements et des rencontres multisectorielles, tel que le Forum contre la violence à l’égard des femmes et des filles et l’impact sur les enfants, pour permettre aux divers acteur.trice.s du milieu de se rencontrer, d’échanger sur les pratiques et de mettre en œuvre des stratégies d’action.

PRINCIPALES RECOMMANDATIONS

1. Réinvestir dans la santé, les services sociaux, l’éducation et le secteur communautaire pour assurer que les budgets des centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel, des maisons d’hébergement ainsi que des autres organismes soient bonifiés. L’objectif est d’éliminer les listes d’attentes pour l’accès aux services de première ligne qui viennent en aide aux femmes et aux filles victimes de violence au Québec.

2. Adapter les services de première ligne aux réalités des femmes provenant des clientèles plus marginalisées (les immigrantes, les femmes à statut précaire, les autochtones, les itinérantes, les femmes atteintes de maladie mentale et les femmes du milieu prostitutionnel).

3. Mettre sur pied davantage de services de deuxième ligne pour s’assurer que les femmes victimes de violence ne soient pas laissées à elles-mêmes et pour qu’elles puissent retrouver leur indépendance en ayant un milieu de vie sécuritaire, une autonomie financière et des services de santé.

4. Offrir des formations obligatoires et régulières de développement professionnel dans les systèmes éducatifs, de la santé et des services sociaux, policiers et juridiques en partenariat avec le secteur communautaire. Ces formations serviraient à contrer les stéréotypes et les préjugés et seraient basées sur une approche adaptée « par et pour les femmes et les filles ».

5. Développer une stratégie globale en incluant le financement et la formation pour aborder les questions de relations saines et égalitaires, de communication respectueuse, d’estime de soi et l’éducation sexuelle faite auprès des enfants et des jeunes dans les écoles.

6. S’assurer que tous les élèves du primaire et du secondaire reçoivent une éducation sexuelle avant la fin de leurs études et qu’elle se poursuive au niveau post-secondaire soit au cégep et à l’université.

7. Lancer de nouvelles campagnes de sensibilisation sur les réseaux-sociaux qui visent le grand public, le milieu de travail, les institutions scolaires, les communautés culturelles, les victimes elles-mêmes, de même que les hommes.

8. Créer une plateforme en ligne où tous les outils, les meilleures pratiques, les formations et les campagnes seront répertoriés pour encourager la concertation et l’innovation des acteur.trice.s de tous les secteurs au Québec. Ce site d’échange de connaissances et des pratiques inclurait des ressources et des exemples d’intervention venant d’ailleurs.

9. Créer des espaces de réflexion et de collaboration qui inviteraient les instances à se réunir pour parler des obstacles systémiques et pour travailler davantage ensemble en faisant une place aux expert.e.s des milieux communautaires, policiers, juridiques, éducatifs et de la recherche.

10. Mettre sur pied une table de concertation qui se pencherait sur la possibilité de créer un tribunal familial qui entendrait aussi toutes les questions relatives dont la jeunesse.

11. Travailler de façon collaborative et dans un environnement intersectoriel pour convaincre les gouvernements et les principaux bailleurs de fonds de l’importance des recherches féministes, de les financer et de les considérer dans le développement des politiques et des programmes.

12. Utiliser l’ADS (l’analyse différenciée selon les sexes) dans tout le processus de création de politiques et de plans d’action : de la conception à la mise en œuvre en passant bien entendu par l’évaluation.

BACKGROUND

Statistics contained in the 2015 Vital Signs report released by the Foundation of Greater Montreal show that in 2013, the level of family violence per 100,000 inhabitants in Montreal was significantly higher than those of Toronto and Vancouver. It is also worth noting that among the 33 Census Metropolitan Areas (CMA) in Canada, five of Quebec’s six CMAs were among the worst-rated in the country for family violence, with Montreal ranked fourth-worst overall. Of note, these statistics have been subject to criticism by certain experts who claim they reflect reported cases rather than actual cases of such violence.

Foundation of Greater Montréal’s Vital Signs 2015: Greater Montréal in Transition, page 10

Concerned about the serious societal problem and intent on mobilizing all stakeholders involved in countering this form of violence, the Peace Grantmakers Network (PGN) – in collaboration with its members and partners, particularly the Canadian Women’s Foundation, the Foundation of Greater Montreal, and the Lucie and André Chagnon Foundation’s Observatoire des tout-petits – organized a provincial forum on the topic of “Violence Against Women and Girls and Its Impact on Children,” which took place on December 8, 2016.

The Forum’s objectives were:

Generate discussion among field workers, researchers and government actors involved in the sector

Link research with practice

Identify key issues and pressing needs related to the problem

Support prevention and increase public awareness of the problem

Provide recommendations for improving the situation

A “World Café” format was chosen in order to generate and capture a rich and fruitful dialogue, as well as to create synergies among participants, and to provide a structure that leads to a sense of teamwork and collaboration. Taking place at the Montreal offices of Richter LLP (a PGN member), the format created the ambiance of a café in which stakeholders from a variety of sectors – field experts, researchers, social workers, government, education, and the like – gathered around a table to discuss and debate specific matters identified as key questions related to the Forum’s theme. Given the complexity of the subject matter, this innovative format – based in best practices – allowed optimal results to be achieved over the course of the event.

Requirements

Stakeholders called for a major increase in efforts to reduce the number of cases of violence against women and girls in Quebec, and emphasized that the current situation in the province is in no way acceptable or tolerable. Stakeholders also called on the Quebec government to make the prevention of violence against women and girls a top priority in our society. Following the Ontario government example, they asked that the Quebec Premier and his Ministers take the lead and prioritize this mandate through the adoption of an integrated strategic approach, with the objectives of greatly increasing awareness across Quebec society about the issue and the launching of concrete actions to reduce levels of violence against women and girls in the province.

Stakeholders also called for greater funding for health services, social services, and crisis centres and shelters, in order to allow for more rapid intervention for women who are victims of violence and to ensuretheir long-term accompaniment and assistance. They emphasized the need for a role to be newly-created – that of a point person (“intervenant pivot”) who would help to coordinate the various services used by victims, helping them to feel less lost when working their way through the different agencies that assist them in their time of need. Stakeholders also called for more funding for prevention and public awareness efforts, including the launching of campaigns aimed at schools, the workplace, cultural communities, and the general public. While they recognized the enormity of the task at hand, stakeholders still felt that the situation is far from hopeless, given for example that Quebecers – male and female – can be sensitized from a very young age and throughout their schooling as to the importance of healthy relationships. They also emphasized the importance of creating initiatives and events, such as the Forum on Violence Against Women and Girls and Its Impact on Children, that provide the opportunity for a diversity of stakeholders to meet, exchange on best practices, and generate and implement action plans.

PRINCIPAL RECOMMENDATIONS

1. Greater investment in the health, social services, educational and community sectors in order to ensure sufficient funding for help centres and for initiatives that aim to counter sexual violence, as well as for shelters and other stakeholder organizations. The objective is to eliminate wait lists for access to front-line services that assist Quebec’s women and girls who are victims of violence.

2. Adapt front-line services for women to the realities of the more marginalized clientele (immigrants, indigenous women, those who are homeless, those suffering from mental illness, and those involved in prostitution).

3. Implement second-line services in order to ensure that women who are victims of violence are never left without support, and in order to help them eventually regain their independence, including their ensured security, financial autonomy, and access to health services.

4. Offer mandatory professional development trainings to the educational, health care and social service sectors, as well as the police and the judiciary, done in partnership with community organizations. These trainings would work to counter stereotypes and prejudices, and would use an approach developed “by and for women and girls.”

5. Create a global strategy, with sufficient funding and including trainings, for the development of healthy and equal relationships, respectful communication, and self-esteem, and for the provision of sexual education for children and youth in schools.

6. Ensure that all primary and secondary school students receive a sexual education over the course of their studies, continuing through post-secondary education at CEGEP and university.

7. Launch new awareness campaigns using social media, targeting the general public, the workplace, educational institutions, cultural communities, the victims themselves, as well as men.

8. Create an online platform containing all relevant tools, best practices, training materials, and awareness campaigns, in order to encourage the consultation of these materials and to encourage innovation by stakeholders from all sectors in the province. This site would provide a means for exchanging on best practices and for sharing useful information, and would include resources and examples of effective strategies from outside Quebec.

9. Create spaces for reflection and collaboration, providing opportunities for stakeholders to discuss obstacles within the existing system and to continue their joint efforts.

10. Put in place a consultation committee to consider the possibility of creating a family court that would also hear matters related to children and youth.

11. Work in a collaborative, multi-sectoral manner to convince government and grantmakers of the importance of feminist research, to finance such research, and to include it when developing policies and programs.

12. Use Gender-Based Analysis whenever creating policies and action plans – from conception to realization, including an evaluation component.